7 novembre 2009

De l’inconvénient d’avoir un lectorat âgé

Ne nous voilons pas la face, le public de la presse locale est essentiellement composé de retraités. Ceux-là même qui disposent du plus de temps libre. Un public pas toujours très facile car comme ils ont le temps de décortiquer tout le journal, ce sont les plus prompts à décrocher le téléphoner pour signaler l’inévitable erreur de la semaine.

Bref, passons.

Nous avons engagé il y a de cela quelques jours un dessinateur afin de proposer un dessin humoristique par semaine dans nos colonnes. Une véritable révolution pour un journal qui, il y a encore quelques années (et c’est toujours un peu le cas aujourd’hui, il faut le reconnaître) sentait bon le journal de papa.

Comme le dessinateur est aussi un nouvel arrivant dans notre région, c’est la rédac qui lui propose des idées de scénarios. Le thème retenu pour la semaine prochaine ? La désaffection du public pour les cérémonies de commémoration. Et c’est à cette occasion que j’ai proposé un scénario trash.

Mon idée était de représenter deux porte-drapeaux, encadrant deux cercueils fraîchement déterrés (clairement identifiés comme appartenant à d’anciens combattants). On aurait ainsi vu l’un des deux portes-drapeaux dire, d’un geste désolé, ” Ben quoi, c’est le seul moyen qu’on ait trouvé pour attirer du monde lors des cérémonies…”.

Même si ce gag virtuel a beaucoup fait rire le rédac chef et la rédac, il fallait bien se rendre à l’évidence, une fois l’euphorie passée : pas question de laisser paraître cela dans le journal. Imaginez la réaction outrée de notre lectorat, qui se sentirait directement attaqué par la caricature ! Et puis il y a violation de sépulture, ma bonne dame ! C’est un délit !

La semaine prochaine paraîtra donc un dessin reprenant seulement mon idée de départ. On y retrouvera les portes-drapeaux mais en lieu et place des cercueils, deux jeunes se déhanchant devant deux énormes caissons de basse. Au dessus d’eux, une banderole : “Grande Rave Party du 11 novembre”. Et le porte-drapeau, de s’exprimer : ” Ben quoi, c’est le seul moyen qu’on ait trouvé pour attirer du monde lors des cérémonies…”.

De l’inconvénient d’avoir un lectorat âgé.

14 septembre 2009

“Les mots croisés de la semaine dernière étaient faux !”

Dans un petit hebdo tel que le nôtre, nous comptons un public de fidèles, le plus souvent retraités, qui parcourent le journal de bout en bout. Un jour, Brigitte, qui s’occupe de la page jeux, a eu le malheur de piquer une grille de mots croisés sur internet sans la vérifier (en fait, elle fait ça chaque semaine…).

Mais le malheur a voulu qu’une des définitions ne soit pas la bonne. Eh bien, quelques jours plus tard, un monsieur, offusqué, a appelé pour se plaindre. Pour dire, en gros, que “les mots croisés de la semaine dernière étaient faux !”.

Morale de l’histoire : dans un journal, il ne faut négliger aucune rubrique, aucune page. Toujours se dire qu’un lecteur se penchera forcément dessus et cherchera la petite bête. Brigitte l’a appris à ses dépends. Depuis, il paraît qu’elle fait vérifier les jeux par des proches cruciverbistes.

14 septembre 2009

Le sondage du moment

13 septembre 2009

De l’importance de la pub

A chaque conférence de rédaction, lorsque l’on propose un sujet délicat, qui met en cause une enseigne, un politique… bref, quelqu’un d’important, la question qui revient est toujours la même : est-ce qu’il/elle nous a pris de la pub récemment ?

Le responsable de la pub assiste aux conférences. Logique, car il nous indique les pubs à placer sur le chemin de fer. Mais ce qui l’est un peu moins, c’est que la teneur de l’article proposé soit modulée en fonction du budget pub que le sujet visé nous a accordé.

Même si, comme le répète le responsable pub, “je ne vous oblige à rien”.